Edito « Black Carnival »

15 jours, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour vous pondre un nouvel édito. Peu de news, mais quelques sujets intéressants à traiter et à partager avec vous. Comme toujours, n’hésitez pas à me contacter si vous voulez qu’on développe un sujet qui vous tient à cœur ; comme vous pouvez le constater en ce moment, les news P4G ne pleuvent pas, et pour cause, il y a fort peu à se mettre sous la dent.

Au programme ce soir :

-Le G92b : solution increvable ?

XGP : l’avenir ?

-Le G92b : solution increvable ?

Avec les 8800 GTS « II » desktop sorties en octobre 2007 est apparu un concept nouveau chez NVIDIA : ce GPU était un milieu de gamme, et il ne venait que très rarement chatouiller les 8800GTX et Ultra, gros GPU basés sur G80, mais il représentait chez NVIDIA la volonté de sortir un produit un peu plus grand public que les premiers G80 vendus à des prix rédhibitoires. Le G92 était né, et il a une durée de vie exceptionnelle pour un GPU.

Malheureusement pour les verts, cette sortie correspondait à un gros changement chez leur concurrent de toujours : ATi avait en effet décidé de rester sur l’architecture lancée avec le R600 en l’améliorant et en proposant les Radeon HD3870/50, qui finalement, se trouvaient sur le même terrain que les nouvelles 8800GT. On connait la suite, NVIDIA a sorti avec les GTX280/60 des architectures lourdes et couteuses, là ou ATi a réussi, en optimisant encore son architecture, à tirer son épingle du jeu au point de faire trembler NVIDIA, grâce à des HD48xx de qualité, puis aujourd’hui, avec des HD5xxx seules à proposer le support de DirectX 11.

Dans le monde mobile, comme chacun sait, la vie n’est pas du tout la même : ATi a mis du temps à comprendre que les portables étaient l’avenir, et n’avait pas pendant longtemps la ressource de répondre au haut de gamme NVIDIA. Après un retard semi-comblé avec un CrossFire de Mobility HD3870 convaincant, ATi s’est recentré sur le segment moyen de gamme, bien plus vendeur, où ses GPU présentent un bien meilleur compromis que les éternelles 8600/9600M de leur concurrent.

Néanmoins, aujourd’hui encore, les GPU haut de gamme d’NVIDIA sont basés sur le G92, la même architecture que la 8800M GTX. Alors, pourquoi ?

On peut trouver de nombreuses explications techniques et commerciales, mais il en est certaines qui tombent plus sous le sens en analysant l’utilité de nos GPU :

1 – ATi est quasi absent du haut de gamme, et des assembleurs connus. Etait, peut on dire, la donne risque de changer, si les Mobility HD5870 tiennent leurs promesses.

2 – 90% des jeux sont codés pour tourner sur une base G80/92. C’est le GPU de référence, pourrait on dire. Pourquoi changer la référence ? Autant la garder le plus longtemps possible.

3 – Il n’y aura aucune grosse nouveauté graphique avant 2012 et l’arrivée – théorique – des remplaçantes des XboX360 et PS3. Et oui, ce sont les consoles qui tirent le marché du jeu vidéo, le PC étant devenu seconde zone, et surtout, le repère des odieux p33rates informatiques empêcheurs de plumer le gousset des gens en rond.

Alors que DirectX 11 arrive à grands pas, les GTX280M qui correspondent donc à des 8800GT desktop sous cadencées tiennent le haut du pavé, tandis qu’un GPU professionnel, le FX3800M, propose pour la première fois les mêmes fréquences qu’un GPU desktop : on est aux mêmes fréquences que la 9800GTX, excepté pour la mémoire qui reste cadencée à 1000 MHz (1100 pour la 9800GTX). On est donc face à une architecture maitrisée, connue des développeurs, bénéficiant d’une stabilité à toute épreuve, avec une communauté active prête à mettre à disposition de tous les modifications nécessaires pour profiter des derniers pilotes.

En gros, ce GPU vieux de 2 ans dans sa conception, a encore une longue vie devant lui avant de devenir obsolète.

-XGP : l’avenir ?

Si le G92 est bien placé pour rester une référence encore un petit moment, d’autres problèmes se posent à nos chers P4G, et vous les connaissez tous, ce sont la chaleur et la consommation : il est de plus en plus difficile de caser toute la puissance de nos bijoux, surtout, en prime, depuis qu’intel a pompé l’intégration du contrôleur mémoire à AMD et du coup, nous fait participer aux joies des possesseurs de Turion : autonomies inférieures à 1H, consommations et températures effrénées.

En parcourant le forum (merci tettla et Seb1983), on peut constater que dès que l’on veut monter un peu en fréquence, on arrive vite aux limites.

Une fois n’est pas coutume, AMD a proposé la seule solution viable, le port XGP, mais avec une trop grande timidité – à moins que ce ne soit celle du porte-monnaie des assembleurs ?

Globalement, pour ceux qui ignoreraient tout de cette solution, AMD a créé un port propriétaire en PCI-express 2.0 x8, sur le quel on peut brancher à chaud un GPU externe. Et, une fois n’est pas coutume, des pilotes existent, et font preuve d’une grande stabilité.

Toujours est-il que la sortie de l’Amilo SA3650, accompagné d’une Mobility HD3870 en GPU externe, m’a paru être une sorte de Graal : enfin, on pouvait entrevoir la quintessence de la mobilité et de la puissance.

Hélas, ce ne fut pas suivi : d’une part le produit de Fujitsu est un véritable fiasco commercial, et les annonces d’Acer de sortir une HD4650 en module XGP, si elles ont été suivies d’effet, n’ont pas atteint les côtes de l’Europe.

Une Mobility Radeon HD5870 en XGP devrait voir le jour. Espérons que nous en verrons la couleur.

Cette solution présente en effet l’avantage de proposer une alimentation séparée au GPU : il n’est donc pas dépendant de l’alimentation de la carte mère. De plus, par l’adjonction d’un IGP sur le portable, on ne perd pas – trop – en mobilité. L’inconvénient est la présence de fils et de connectiques supplémentaires, mais au final, le module XGP a plus vocation à être une station d’accueil qu’à être transporté.

L’inconvénient majeur est que l’on risque de vendre un ordinateur de moins. C’est sûrement celui-ci qui tuera cette idée si personne ne veut se lancer dans l’aventure en allant plus loin, qui sait, en proposant un module d’accueil complet, à même d’améliorer la ventilation, en adjoignant un nouvel état processeur afin d’avoir un overclocking prévu une fois sur la station …

La balle est dans le camp des assembleurs.

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